Friday, October 14, 1977

Lettre à MM. Fauvet et Lauzanne, du journal "Le Monde"


Malgré le ton extrêmement désagréable de ses lettres, j’ai honnêtement essayé de m’expliquer et de m’entendre avec M. Viansson-Ponté. En pure perte. Il est impossible de discuter avec quelqu’un qui a manifestement l’habitude des lectures hâtives. De plus M. Viansson-Ponté porte des coups, puis il se dérobe. En 1974, il m’a avec cet article de Mme Charlotte Delbo, porté un terrible coup dont j’ai essayé, à nouveau le 11 août 1977, de lui montrer toutes les conséquences, sur le plan professionnel, syndical, familial. Une seule de ces conséquences, si quelqu’un d’autre qu’un « nazi » avait eu à les subir, aurait dû susciter article et débat dans les colonnes de votre journal. M. Viansson, lui, se moque de ce qu’il ose appeler mes « démêlés » et il en décline la responsabilité. Il va jusqu’à dire que, dans l’article de 1974, je n’ai été « ni nommé, ni désigné ». Or, cet article, qui s’inscrivait dans une campagne de presse, commençait par une longue citation. Cette citation, on avait pu la lire dans Yedioth Aharonoth (26 mai 1974), dans Tribune juive-Hebdo (14 juin), dans Le Canard enchaîné (17 juillet) : l'auteur était nommé et son adresse était donnée et même répétée. Il s’agissait de Faurisson, maître de conférences à la Sorbonne. Les mêmes journaux ou d’autres revenaient sur cette affaire.

Le 14 mai 1974, votre collaborateur m’avait demandé l’autorisation de publier ce texte. Il écrivait en propres termes : « (Je) vous demande si vous n’avez pas d’objection à formuler contre sa publication éventuelle . » Je lui répondais, par lettre R.A.R. du 21 mai, que je m’opposais à cette publication d’une lettre personnelle. Or, le 11 août, précisément en pleine campagne de presse, je voyais paraître ce texte, sous la responsabilité de M. Viansson-Ponté. J’y étais, sous la plume de Mme Delbo traité de « pauvre dément », de professeur qui s’est documenté uniquement pour avoir « des preuves contre la vérité », d’« esprit perverti » ; quant au titre de ce « témoignage », il me faisait tout simplement grief de « falsifier ». 

N’importe quel honnête homme trouvera, je pense, de tels procédés indignes d’un grand journal. J’y vois, pour ma part, une bassesse comme je n’en découvre pas dans les autres publications qui m’ont attaqué. Et c’est le Monde qui a eu cette conduite. Je ne l’admettrai jamais. Et, bien franchement, je ne crois pas que vous soyez prêts, tous deux, à lui trouver des excuses. Votre journal me doit réparation. Voilà trois ans que je la réclame. J’ai été correct avec vous. Je ne me suis laissé aller à aucun écart de langage. Rendez-moi cette justice que ma réponse de 1974 (sur « le droit au doute et à la recherche ») ainsi que ma réponse de 1977 (sur « le problème des chambres à gaz ») sont d’un tout autre ton que la publication injurieuse, insérée dans votre journal, après des mois de réflexion peut-être, par M. Viansson-Ponté.

Le 6 août 1977, ce dernier m’adressait une étrange lettre dans laquelle il me disait qu’il n’accepterait de publier mon texte sur «le problème des chambres à gaz» qu’à la condition que Mme Germaine Tillion ou Mme Olga Wormser-Migot prennent en considération mes affirmations. Bien que je ne croie pas un instant ni à l’argument d’autorité, ni à la valeur des recommandations ou patronages, j’acceptais, dans un esprit de conciliation, d’ouvrir mes dossiers devant Mme Wormser-Migot. Pour Mme Tillion, dont le crédit est grand auprès des journalistes, elle s’est discréditée à mes yeux par ses « témoignages » réitérés sur la « chambre à gaz » de Ravensbrück... qui – les instituts historiques ont fini par l’admettre – n’avait jamais eu un commencement d’existence (voyez notamment, Martin Broszat, Die Zeit, 19 août 1960). Là-dessus, en réponse à mon acceptation du 11 août 1977, votre collaborateur m’écrit qu’il a interrogé Mmes Tillion et Wormser-Migot et il ajoute : « L’une et l’autre, interrogées, me feront savoir qu’à leurs yeux votre thèse est absurde, votre obstination maniaque et qu’il n’y a aucune raison d’ouvrir un débat là où il n’y en a pas, dont la propagande [M. V.-P. dit curieusement la « contre-propagande »] pro-nazie ne manquerait pas de tirer argument. » Un peu plus loin, il écrit encore : « (...) faites-moi parvenir une caution écrite de Mme Wormser-Migot. (...) »

C’est se moquer des gens. C’est, une fois de plus, se dérober. M. Viansson-Ponté, de la même façon, écrivait sur la brochure de Richard Harwood un compte rendu insultant. Il commençait d’ailleurs par ne fournir aux lecteurs et juges aucune référence qui permette de trouver cette brochure et de s’en faire soi-même une opinion. Puis, constatant l’abondance des réactions suscitées par une affaire qu’il avait pris la responsabilité de lancer, il vous laissait croire, si j’en juge par une lettre de M. Lauzanne du 22 juillet, qu’il reviendrait sur le problème évoqué et qu’il ferait état des réactions provoquées. En fait, rien n’est venu.

Tout cela est-il net et franc ? M. Viansson-Ponté est meilleur, la plume à la main et derrière un bureau que sous les projecteurs de la télévision. En direct et en pleine lumière, il est difficile d’esquiver la réplique éventuelle à un propos excessif ou insultant. J’ai remarqué qu’à la télévision les polémistes ne sont pas reconnaissables ; ils n’assument plus la moitié de ce qu’ils ont écrit.

J’assume pleinement la responsabilité de ma «libre opinion » sur l’imposture des «chambres à gaz». Par son silence sur la question depuis trente ans, ou plutôt par un matraquage de propagande de guerre, c’est-à-dire sans possibilité de critique historique, la grande presse dans son ensemble et, malheureusement aussi le Monde en particulier, ont encouru une effroyable responsabilité. Les temps sont mûrs pour revenir sur de pareilles erreurs. Je demande qu’aux contestataires de l’histoire officielle, le Monde, sur ce point capital des «chambres à gaz», reconnaisse un autre droit que le droit au silence. Il y a la popularité de la fable, d’un côté ; et puis, de l’autre côté, il y a le devoir d’être vrai et la difficulté d’être vrai. Que le Monde, à la fin des fins, respecte sur ce chapitre la liberté d’opinion et qu’il donne à l’accusé lui-même le droit de présenter lui-même sa défense. Trêve de censure ! Le droit que je réclame est élémentaire en démocratie : le droit au doute, à la recherche, à la libre opinion : le droit de réponse.

Recevez, Messieurs, je vous prie, l’expression de ma confiance en votre discernement et en votre courage. 



[Publié dans Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 79-81.]

Thursday, August 18, 1977

Lettre à Mme Olga Wormser-Migot et sa réponse


Chère Madame, 

Il y a aujourd’hui trois ans et une semaine qu’en ouvrant le journal Le Monde, je découvrais un « témoignage » où une ancienne déportée, sans me nommer mais en me désignant, me traitait de « falsificateur », de « pauvre dément » et d’« esprit perverti ». Et cela parce que j’osais mettre en doute l’existence des « chambres à gaz» hitlériennes. Lors d’une entrevue que vous vouliez bien m’accorder à votre domicile et qui avait lieu le 24 septembre 1974, vous me faisiez savoir que vous aviez manifesté votre réprobation à l’endroit de ce « témoignage » ; vous l’aviez même fait savoir à l’intéressée, c’est-à-dire à Charlotte Delbo. 

Ce même jour, vous me proposiez d’intervenir auprès de M. Raymond Las Vergnas pour lui dire que vous désapprouviez le texte par lequel la Sorbonne nouvelle portait condamnation de mes recherches. 

Ce même jour encore, vous me prédisiez toutes sortes d’ennuis si je persistais dans la voie où je m’étais engagé. Vous me confirmiez ce que je savais déjà au sujet des ennuis graves que vous avaient valus vos trois pages sur « le problème des chambres à gaz ». 

Vous ne vous trompiez pas. Voici une liste succincte des ennuis que j’ai rencontrés : 

Campagne de presse partie d’Israël en 1974, Tribune juive-Hebdo, Le Canard enchaîné, Le Monde, Le Droit de vivre, L’Humanité (paraît-il), le grand rabbin Kaplan à la télévision ; on me nomme ; on me désigne ; on publie mon adresse personnelle ; je reçois un flot de lettres de menaces, parfois signées de leurs auteurs et sur papier à en-tête ; inscription injurieuse à mon domicile ; injures au téléphone ; ma fille insultée ; ma femme insultée. 

La Sorbonne Nouvelle, déformant totalement l’esprit de recherches dont elle ne sait d’ailleurs rigoureusement rien, porte condamnation de Faurisson dont elle va jusqu’à dire qu’il n’appartient pas à la Sorbonne nouvelle. 

Mon UER porte également condamnation en des termes outrageants ; je ne suis ni entendu, ni informé, tout se passe dans mon dos ; je n’apprends les condamnations qu’après coup.

Tribune juive-Hebdo ayant suggéré que ma place n’est plus au SNESup (j’appartenais au SNES, où j’avais été secrétaire de section, puis au SNESup, depuis plus de vingt ans), je suis exclu de mon syndicat ; là encore je ne suis ni entendu, ni informé ; j’apprends la sanction par hasard et après coup ; je demande à être entendu. Peine perdue. J’envoie un papier à la « commission des litiges » qui expédie mon cas, sans autre forme de procès. 

Lyon-II, ma nouvelle université, prend une décision sans précédent : elle décide ne pas me proposer pour le poste de professeur sans chaire que je sollicitais. Vous savez que, lorsque une université veut bloquer la carrière d’un maître de conférences, elle n’agit pas de cette façon. Il lui suffit de classer en dernière position le nom du candidat. Agir autrement, agir comme on l’a fait dans mon cas, c’est prendre une très grave initiative qui ne peut avoir qu’un motif extrêmement grave, si grave même que le candidat devrait pour le moins être entendu, puis, la décision une fois prise, se voir notifier cette décision. Encore que sur ce point je m’avance peut-être beaucoup, étant donné que mon cas serait sans précédent. Toujours est-il que là encore je n’ai appris cette décision que par hasard et grâce à une indiscrétion. Mais voyez plutôt comment, ensuite, on a pris ses aises avec la vérité. Je suis parvenu à mettre l’autorité universitaire au pied du mur, et cela grâce au tribunal administratif de Lyon et au Conseil d’État. Dans un premier temps on m’a dit qu’on me reprochait d’être nazi ; motif : je niais l’existence des camps de concentration ou des « chambres à gaz », ad libitum. Dossier de l’accusation : coupures de presse du Canard enchaîné, du Monde, etc. Dans un deuxième temps on m’a dit qu’on me reprochait non pas d’être nazi, mais d’être fou ; motif : même motif ; dossier : même dossier. Dans un troisième temps on est allé encore plus loin. On a totalement abandonné les deux accusations précédentes pour se rabattre sur le motif suivant, un motif présenté cette fois au tribunal administratif : « M. Faurisson n’a jamais rien publié, et cela de son propre aveu. » Dossier cette fois-ci : une lettre de moi. Dans cette lettre, que j’avais adressée au président de mon université pour lui dire mon étonnement devant l’accusation de nazisme, j’avais effectivement écrit que, puisque je n’avais rien publié, je ne voyais pas sur quoi cette accusation pouvait être fondée. Il allait de soi que cette phrase signifiait que je n’avais jamais rien publié... qui puisse donner à penser que j’étais nazi. On a extrait cette phrase de ma lettre pour faire de moi un maître de conférences qui n’avait jamais publié un seul livre ou article. L’imputation était d’autant plus cynique que mon dossier de candidature contenait sur toute une page la liste de mes publications dont certaines sont passablement connues en France et à l’étranger.

Je passe sur trois ou quatre ignominies que je pourrais ajouter à cette liste, je passe sur le fait que ma vie est devenue difficile ; je passe sur le fait que, sans argent, il me faut payer des avocats ; je passe sur le fait que ma femme souffre d’une grave dépression nerveuse à laquelle tant d’ennuis, malheureusement, ne sont pas étrangers.

Mais, voyez-vous, je me sens propre et je sais que bien des gens se sont salis. Je passe pour « nazi » comme, en d’autres temps, je passais pour l’« Angliche » et comme, si Hitler avait gagné la guerre, je passerais pour faire le jeu des « judéo-marxistes ». 

Je vais droit mon chemin. Vous me disiez que je vous paraissais naïf. Entre nous, je me crois à peu près aussi naïf que Voltaire. Voltaire était naïf et, en bon Français, il était courageux par accès mais sans grande continuité. Mon travail, en fin de compte, je préfère le comparer à celui de Jean Norton Cru, qui a mené sa tâche à bien jusqu’au bout, malgré les outrages et sans désespérer des hommes.

Je suis arrivé à la conclusion que les « chambres à gaz » hitlériennes n’ont jamais existé. Mon enquête remonte à bien des années. Quand je suis allé vous trouver, j’en savais déjà très long sur la question. Parce que vous m’étiez sympathique, parce que je ne voulais pas vous froisser dans votre sensibilité et aussi – soyons franc – parce que c’est ma façon d’enquêter, je ne vous ai pas révélé, à l’époque, ce que je savais de précis sur les « documents » Höss ou Gerstein, sur les « témoignages » de Nyiszli et consorts. Je ne vous ai pas dit que je pouvais vous réciter les deux « dépositions » du Dr Bendel. Rappelez-vous ce que je vous ai, par la suite, écrit sur le « document » NO-365 : un exemple, parmi bien d’autres, de présentation malhonnête du Centre de documentation juive contemporaine.

Vous m’avez envoyé une photo de la « chambre à gaz » de Majdanek, d’autant plus précieuse, me disiez-vous, qu’elle datait d’un temps antérieur à la « frénésie muséographique qui a présidé à la transformation des lieux » (je vous cite de mémoire). Cette photo est celle d’une salle de douche. Quant aux lieux, je les ai visités en 1975 : comme supercherie grossière, on ne fait pas mieux. C’est à rire. J’ai visité Auschwitz et Birkenau en 1975 et en 1976. Je possède une abondante documentation photographique sur tout ce qui a trait aux « chambres à gaz » des deux camps. J’ai des copies de plans particulièrement intéressants et qu’on se garde bien de publier.

J’ai lu une foule de « documents », de « témoignages », d’« affidavits », de NO, de NI, de NIK, de PS, etc., à la fois de l’IMT des NMT, du « procès de Francfort » ou d’autres procès. J’ai étudié les sténogrammes du « procès de Jérusalem ». J’ai aussi lu bien des ouvrages de la tendance Hilberg-Reitlinger ou de la tendance Rassinier-Butz.

Je me demande quelle piste j’ai pu laisser inexplorée. 

Ma première visite au Centre de documentation juive contemporaine remonte à 1967. Du début de 1974 à juillet 1977, j’ai passé des centaines ou des milliers d’heures dans ce même CDJC, bien qu’on s’y soit ingénié à me rendre mes visites et mes conditions de travail de plus en plus difficiles. J’y ai exploré à fond le fichier « Extermination-gazage » et bien d’autres documents non répertoriés dans ce fichier. J’ai eu quelques entretiens avec MM. Wellers, Rutkowski et surtout avec M. Billig. Ce dernier, qui m’avait, en 1974, adressé une lettre où il se déclarait étonné qu’on puisse douter de l’existence des « chambres à gaz » parce qu’il en existait tant de preuves, a fini par reconnaître devant moi en mai 1977 qu’il n’était pas en mesure, tout compte fait, de me fournir une preuve de l’existence d’une «chambre à gaz». Et, comme j’insistais pour savoir s’il connaissait une personne capable de fournir une telle preuve, il me répondait qu’au fond il n’en connaissait pas. Il ajoutait, je dois le dire, qu’à son avis, s’il n’y avait pas eu de « chambre à gaz », il avait forcément existé un moyen industriel – il ne savait pas lequel au juste – de perpétrer un gigantesque massacre, un « génocide ».

J’aurais beaucoup à dire sur cette position de repli, mais passons. 

Lors de notre entrevue du 24 septembre 1974, vous m’aviez dit : « Il ne faut pas attaquer les déportés. Je vous demande une chose : promettez-moi de ne rien écrire. » Ma réponse avait été : « Un article de moi peut sortir. Je m’y emploie. » Vous m’avez alors dit : « Envoyez-le moi. » 

C’est ce que je fais aujourd’hui. Cet article, intitulé « Le problème des chambres à gaz », je l’ai envoyé le 26 juillet 1977 au journal Le Monde, qui hésite à le publier. Le Monde me doit réparation. Il m’a insulté le 11 août 1974 et il m’a refusé tout droit de réponse. Cette réparation, je l’obtiendrai tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre. P. Viansson-Ponté me prend, figurez-vous, pour un sympathisant des nazis. Il se plaint de ce que, dans mes lettres à J. Fauvet ou à d’autres de ses collègues, je l’insulte. Il voit là probablement le signe de je ne sais quelle frénésie. Il a oublié le mal qu’il m’a fait le 11 août 1974. Je lui ai dit qu’il avait, de plus, gravement dénaturé le contenu de la brochure de R. Harwood dans son article du 17-18 juillet 1977. Je disais que je ne voulais pas, à mon tour, subir le même traitement (être l’objet de dénaturations, falsifications, adultérations, etc.). Je lui ai dit que dans le texte d’Harwood il y avait du très bon et du très mauvais, etc., etc. Il m’a écrit une lettre furibonde. Il m’a dit qu’il était prêt à m’entendre à condition que Germaine Tillion ou – à défaut – Mme Olga Wormser-Migot, lui dise ou lui écrive que je n’ai pas tort dans ma thèse sur les «chambres à gaz». Je lui ai répondu que je ne pouvais avoir confiance en G. Tillion étant donné ses témoignages sur la prétendue « chambre à gaz » de Ravensbrück. J’ai ajouté : « D’accord pour Mme Olga Wormser-Migot. Ayons, vous, elle et moi une entrevue ensemble. Elle m’a aimablement reçu chez elle en 1974. Elle ne connaît pas mes dossiers. Mais en vingt minutes elle verrait bien ce qu’ils valent. » 

A mon collègue Delpech – que je connais assez mal et surtout pour l’avoir rencontré au CDJC – vous auriez dit : « Attention ! Faurisson n’est pas un nazi. Il ne faut pas lui faire d’ennuis. » Je me demande au fond si ce soupçon de nazisme n’est pas également chez P. Viansson-Ponté la vraie pierre d’achoppement.Voyez si, à défaut d’autre chose, vous ne pourriez pas le rassurer là-dessus. 

Mon article est-il nazi ? violent ? agressif ?

Je vous dis que, s’il faut désamorcer toute cette affaire de « chambres à gaz » et de « génocide », cet article peut y parvenir. Les choses en ce moment évoluent vite, très vite. 

Et puis tout cela est bien simple. Qu’on réponde à ma question : « Si les "chambres à gaz" n’ont pas existé, faut-il le dire ou le taire ? »

Je vous ai parlé sans détours. Répondez-moi de même.


La réponse d’Olga Wormser-Migot 

                                                                    7 novembre 1977 

« [...] Je ne veux pas vous écrire un volume, mais seulement vous préciser ma position.

1) Votre visite m’avait beaucoup émue à tous points de vue. Je pensais surtout à cette persécution ininterrompue contre un homme de bonne foi ; 
2) la première différence entre mes positions et les vôtres, et vous le savez, c’est que je crois à l’existence de chambres à gaz à Auschwitz et à Majdanek, ainsi qu’à la « chambre expérimentale » (1 m sur 2 sur 3) du Struthof ;
3) dernière et principale différence : étant donné les sentiments des déportés, profondément traumatisés par les souffrances subies, il est évident que votre attitude ne peut que les heurter. Il est des cas où l’Histoire se doit d’attendre que le Temps permette une étude sans agressivité de certains problèmes d’horreur.

Écoutez-moi – et vous savez que je crois votre recherche pure de tout autre motivation que la vérité historique – votre attitude d’obstination à partir du moment où votre thèse a été contestée et où votre défense elle-même vous portait à vous opposer de plus en plus aux déportés, prêtait à confusion.

En effet, plus vous apportiez d’arguments au renforcement de votre propos, plus vous affirmiez sa vérité, plus vous sembliez aux yeux de certains laver Hitler d’une des accusations portées contre lui et ses camps.

Pour moi, cher Monsieur, un tel problème ne peut être traité que dans le contexte général du nazisme. Tortures, expériences, génocide, fours crématoires et charniers, horreurs portées à l’extrême, dites-moi si dans tout cela l’existence ou la non-existence de chambres à gaz présente aux yeux de l’histoire infâme de ces années une importance « de surcroît » assez capitale pour continuer sur ce point à meurtrir encore les déportés et à mettre votre propre existence en malheur ?...

Je vous rappelle que, dans une occasion semblable – il s’agit de ma thèse Le Système concentrationnaire nazi où, comme vous le savez, j’ai mis en doute et davantage l’existence de chambres à gaz à Ravensbrück et Mauthausen – et après des obstinations d’historiens qui ne servaient qu’à envenimer les choses, j’ai simplement introduit un rectificatif expliquant la position des déportés à ce sujet. Car pour moi les déportés comptent toujours d’abord.

Sachez que je suis prête, cher Monsieur, à vous aider dans toute la mesure de mes possibilités afin d’effacer de votre vie des accusations aussi nocives pour vous, votre travail et votre famille. Mais je vous prie de tout faire pour comprendre l’esprit de cette lettre.

C’est la raison pour laquelle je ne puis accéder à votre désir de rencontrer M. Viansson-Ponté en ma présence : il ne faut pas continuer de controverses sur un tel sujet. Je lui écris par contre par le même courrier.

J’insiste encore sur la nécessité d’un état d’esprit réaliste de votre part. Je suis prête à écrire à qui vous voudrez pour qu’il soit tenu compte de l’inanité des accusations qui vous atteignent. Mais dans l’esprit de cette lettre exclusivement. »


[Publié dans Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 74-79.]

Monday, August 1, 1977

Lettre à "Historia" (extraits)


J’ai l’honneur d’élever une protestation contre la nature de ce numéro spécial d’Historia, consacré aux « Médecins SS ». [...]

Comment pouvez-vous croire un instant à l’authenticité de la « chambre à gaz » du Struthof... que vous ne pouvez d’ailleurs montrer en photographie ? Vous êtes-vous demandé pourquoi aucun livre sur le Struthof, y compris le roman d’Allainmat, ne reproduit la photographie de cette « chambre à gaz » pourtant visitable et montrée telle qu’en son « état d’origine », dit l’inscription que vous trouverez sur place ? Comment avez-vous pu reproduire cette photographie de l’extérieur avec une cheminée de ce genre ? [...]

Saviez-vous que Kramer [commandant du Struthof, puis de Bergen-Belsen, N.D.L.R.] est l’auteur d’une confession sur la « chambre à gaz » dont le vague et l’absurdité dépasse tout ce qu’on a pu « confesser » dans les procès de Moscou, de Cracovie (Höss) ou de Prague il n’y a guère ?

Comment avez-vous pu reproduire la photographie de la p. 45 ? N’avez-vous pas lu le livre de Harwood, Did Six Million Really Die? et surtout l’ouvrage d’Udo Walendy, Bild “Dokumente” für Geschichtsschreibung, où cette photographie est étudiée aux pages 74 et 75 ? 

Je vous signale, en passant, que votre photographie est un montage de montage. Voyez la façon dont est posée sur « ses » épaules la tête du premier personnage de gauche. [...]

Et la photographie de la p. 93 : la femme aux seins nus ! Comment n’avez-vous pas discerné que, là encore, il y avait montage ? Regardez la tête de « Photomaton » [1] !

[...] Comment pouvez-vous cautionner ainsi une propagande qui est celle qui a préparé le procès de Nuremberg ? Ne vous rappelez-vous pas le stupéfiant article 19 des statuts du tribunal : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves » ? N’est-ce pas d’un effroyable cynisme ? Ne devrait-il pas donner l’éveil à tout honnête homme ?

J’ai été férocement antinazi. Je ne peux supporter le fascisme sous aucune forme. Mais [...] je vous adjure de garder constamment présents à la mémoire les procès de sorcellerie. Rappelez-vous les « aveux », les « preuves », les « témoignages ». Une sorcière n’allait pas dire à un tribunal : « Vous savez bien que tout cela est faux, que le sabbat est une invention et les rencontres avec le diable une autre invention. » Elle aurait rencontré une incrédulité totale. Et pourtant elle aurait dit la vérité. Pour se défendre, il lui fallait, selon la vieille loi encore en vigueur, plaider le vraisemblable et non le vrai.

J’ai eu l’occasion de vous le dire et je le répète ici, je suis prêt à ouvrir devant vous tel de mes dossiers qu’il vous plaira sur cette imposture du génocide. Il paraît bien des livres sur la question. Les temps sont mûrs.

[1] Voy. Walendy, op. cit., p. 23.

 
[Publié dans Historia, août 1977, p. 132 et cité dans Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 82.]

Friday, July 1, 1977

Comment travaille le journaliste Pierre Viansson-Ponté


« Le Mensonge » : tel est le titre que M. Viansson-Ponté, journaliste du Monde, vient de donner à son compte rendu d’une brochure anglaise (traduite en français), où se trouve niée l’existence réelle à la fois des « chambres à gaz » hitlériennes et du « génocide » des juifs.

L’édition de cette brochure en français s’intitule maladroitement et avec une faute d’orthographe : Six millions de morts le sont-ils réel[l]ement ? Le journaliste dit que c’est la publication d’« une “Historical Review Press”, qui a son siège à Richmond, dans le Surrey, et que son auteur est un écrivain nommé Richard E. Harwood ».

Le compte rendu se trouve à la page 13 du numéro du Monde daté 17-18 juillet 1977 (voy. copie ci-jointe). Il comprend quinze alinéas.

Alinéa 1. Le journaliste dit que cette brochure porte « en guise de signature, la mention "Historical Fact n° 1”. »

Remarque : Il ne s’agit pas d’une manière de signature. Cette formule, encadrée, annonce le titre ! La signature apparaît en page 3a : « Richard E. Harwood ».

Alinéa 2. Le journaliste ne donne pas à son lecteur une référence qui lui permettre de se procurer cette brochure, de la lire et de s’en faire une opinion personnelle. Cette référence s’imposait d’autant plus que, de l’avis même du journaliste, la maison d’édition n’est pas connue ; elle serait « une "Historical Review Press" » (voy. ci-dessus).

Alinéa 3. Le journaliste dit que « cette brochure est assez largement diffusée, gratuitement bien sûr ».

Remarque : Le journaliste n’explique pas le sens de ce « bien sûr ».

Alinéa 4. Le journaliste dit que « six millions de Juifs ont été victimes du génocide perpétré par les nazis ». Il ajoute que le nier serait vraiment « trop énorme ».

Remarque : Ce chiffre, ce « génocide », cette « énormité », le journaliste les pose comme trois évidences, qui ne souffrent pas la discussion.

Alinéa 5. Le journaliste dit que, pour R.E. Harwood (R. E. H.), « les nazis, n’ont nullement exterminé, entre 1939 et 1945, six millions de juifs, mais tout au plus “quelques milliers” ».

Remarque : En réalité, ainsi que le journaliste le précisera dans la phrase qui suit celle-ci, R. E. H. dit qu’aucun Juif n’a été la victime d’une volonté d’extermination. Quant au chiffre des pertes juives (comme on dit : « les pertes alliées » ou « les pertes des populations civiles allemandes », par exemple) durant la Seconde Guerre mondiale, il ne fait de la part de R. E. H., l'objet que d’estimations si confuses et si contradictoires qu’on ne s’y reconnaît pas. Comparant, p. 8a, deux statistiques américaines, l'une de 1938 et l’autre de 1948, il en déduit que ces statistiques ne permettent qu’un chiffrage « par milliers ». Mais, p. 34a, il paraît situer ces pertes autour d’un million quand il cite, d’une part le maximum de 1,2 million calculé par Paul Rassinier, et, d’autre part, le chiffre de 896.892 morts trouvé – prétend R. E. H. – par Raul Hilberg. Enfin, à la page 35, il estime à 300.000 le nombre de « personnes qui moururent dans des prisons et des camps de concentration entre 1939 et 1945, victimes de persécutions politiques, raciales ou religieuses ». Il ajoute que « toutes ces victimes n’étaient pas juives ». Il est à noter, en passant, que R. E. H. attribue cette statistique à la Croix-Rouge internationale et qu’il renvoie son lecteur à Die Tat, numéro du 19 janvier 1955 (Zurich). Or, vérification faite, s’il apparaît vraisemblable que cette statistique provient en effet de la CRI, il faut dire que Die Tat ne le précise pas et surtout que le chiffre de 300.000 est celui des victimes allemandes, y compris les juifs allemands. (Remarque à propos de ce chiffre : ce chiffre est considérablement exagéré. Le nombre des victimes recensées – c’est-à-dire – le seul nombre qu’un historien puisse retenir des « victimes de la persécution nationale-socialiste » – s’élevait au 31 décembre 1976 à 357.190, dont près de 51.000 pour les camps et sous-camps d’Auschwitz [1])

Alinéa 5 (bis). Le journaliste ajoute : « Encore pour R. E. H., ces Juifs-là n’ont-ils pas été massacrés, fusillés, exécutés, gazés, brûlés, assassinés. » Ils n’ont été les victimes que d’épidémies et de famine, comme les Allemands, à cause des Alliés.

Remarque : R. E. H. mentionne en effet le typhus, les maladies ou épidémies, la faim ou la famine. Mais il cite encore les Juifs morts dans les guerres de partisans (p. 15a) ou lors du « soulèvement dramatique du ghetto de Varsovie » (p. 20b). Il ne dit nulle part que les juifs, par une sorte de privilège, auraient échappé aux horreurs communes de la guerre (prises d’otages, exécutions, attentats, bombardements). Ce qu’il dit en revanche (le point sur lequel il insiste et sur lequel il défie qu’on lui oppose un démenti), c’est qu’Hitler n’a jamais donné l’ordre de tuer qui que ce fût en raison de sa race ou de sa religion. Il ajoute que parler, comme on le fait parfois d’un « ordre oral » ou de « formules enveloppées », cela revient à spéculer. Il insiste sur le fait que la qualité de juif pouvait valoir internement et même déportation, mais non pas la mort. Il y a eu des camps de concentration, mais il n’y a pas eu de camps d’extermination. Les fours crématoires ont existé : on y brûlait des cadavres, au lieu de les enterrer. Les « chambres à gaz » sont une totale invention de la propagande de guerre.

Alinéa 6. Le journaliste dit que, pour R. E. H., « en 1939, il ne restait plus, en Allemagne, en Autriche et dans les pays d’Europe qui allaient être envahis par l’armée allemande, que trois millions de Juifs tout au plus, au lieu de neuf millions dix ans plus tôt ».

Remarque : L’historien ne parle pas de 1929 (1939 moins dix ans = 1929). Il dit qu’en 1933 il y avait, dans cette partie du monde, 6.500.000 juifs, chiffre que des émigrations successives vers l’Ouest, le Sud et, surtout à partir de 1941, vers l’intérieur de l’URSS, ont réduit vers cette époque à trois ou quatre millions (p. 35a : quatre millions ; p. 35b : trois millions).

Alinéa 7. Le journaliste dit vrai, à quelques détails près.

Alinéa 8. Le journaliste dit que, pour R. E. H. : « Ces camps n’étaient que des centres de production, bien organisés et bien tenus. On y était astreint au travail, c’est vrai, mais bien traité, bien nourri, bien soigné sauf peut-être dans quelques-uns vers la fin de la guerre. »

Remarque : Le journaliste dit vrai, en substance. L’historien minimise les souffrances de certains déportés dans certains camps. Il n’a retenu que des témoignages qui allaient dans son sens. Il a voulu démontrer qu’on s’était rendu coupable de colossales exagérations, dans la description de la vie des camps. Tenant compte de ce qui lui apparaissait comme trente ans d’une propagande d’horreurs, il a rappelé certains points des déclarations de Margaret Buber (-Neumann), de Charlotte Bormann (p. 25b), du Dr Barton (p. 29a-b) et de « centaines de déclarations sous serment faites pour les procès de Nuremberg » mais non mises en évidence (p. 28b). A propos de Bergen-Belsen (la plupart des photos d’horreur concernent ce camp partiellement hôpital), il parle de « chaos » à la fin de la guerre (p. 28b). 

Alinéa 8 (bis). Le journaliste dit que, pour R. E. H., aucun camp de concentration « n’a jamais comporté de "chambres à gaz", ni de véritables fours crématoires ».

Remarque : R. E. H. dit qu’il n’a pas existé une seule de ces monstruosités baptisées « chambres à gaz ». En revanche, il dit, sans équivoque, que des cadavres étaient brûlés dans des fours crématoires, de vrais fours crématoires, au lieu d’être enterrés. Il écrit : « Christophersen (auteur de le Mensonge d’Auschwitz, 1973) reconnaît qu’il devait certainement y avoir des fours crématoires à Auschwitz puisque 200.000 personnes vivaient dans ce camp et qu’il y a des fours crématoires dans toutes les grandes villes de 200.000 habitants » (p. 20a). Il écrit encore, parlant de l’unique four crématoire de Dachau : « [Il écrit] semblable aux fours crématoires utilisés actuellement dans tous les cimetières ; on l’employait tout simplement pour incinérer les cadavres des personnes mortes au camp à la suite de diverses causes naturelles, de maladies infectieuses spécialement. Ce fait fut prouvé d’une façon concluante par le cardinal Faulhaber, archevêque de Munich. Il fit savoir aux Américains [après la guerre] que trente mille personnes avaient été tuées à Munich au cours des bombardements alliés de septembre 1944. L’archevêque demanda alors [à l’époque] aux autorités allemandes d’incinérer les corps des victimes dans le four crématoire de Dachau, mais on lui répondit que c’était impossible puisqu’il n’y avait qu’un seul four qui ne pouvait pas incinérer autant de cadavres. » (p. 27a).

Alinéa 8 (ter). Le journaliste prête à R. E. H. la pensée suivante : « Mensonges, calomnies, que tous les récits fabriqués de toutes pièces, les photos truquées, les livres et les films qui présentent ces camps comme des lieux d’extermination, de torture et de mort. »

Remarque : Tout au long de sa brochure, l'historien donne des exemples spectaculaires de cette industrie du faux. Le Tribunal de Nuremberg [art. 19 des statuts] autorisait cyniquement l’usage du faux : « On décréta que “le Tribunal ne serait pas lié par des règles techniques de preuve”. » (p. 12a.) On se priva d’autant moins de fabriquer des faux qu’aucune poursuite judiciaire n’était possible pour usage de faux. Le commerce s’en mêla. Dans certains cas, même les Juifs s’émurent de la prolifération de ces faux : ex. : Au nom de tous les miens, de Martin Gray (p. 25a-b). L’historien traite de faux tous les mémoires, « aveux » ou « confessions » qui présentent les camps comme des lieux d’« extermination ». Les exemples qu’il donne paraissent sans réplique (Hoess, Gerstein, Nyiszli, l'étonnant montage photographique de sa page 30a, etc., etc.). Dans un seul cas, son argumentation est sans valeur : dans celui du Journal de Anne Frank. Ce Journal est une supercherie littéraire aisément démontrable par d’autres moyens que celui qu’emploie R.E.H.

Alinéa 9. Le journaliste parle d’« un tourbillon de citations où se mêlent sans qu’on puisse s’y reconnaître la Croix-Rouge internationale le journal Die Tat de Zurich dans son numéro du 19 janvier 1955, etc. ».

Remarque : On peut se demander quel est le sens de ces mots à supposer qu’ils en aient un. Le journaliste se plaindrait-il de ce qu’il y a trop de citations ?

Alinéa 10. Le journaliste dit que R. E. H. étaye sa démonstration par des « citations d’auteurs connus ou inconnus, obscurs ou imaginaires ».

Remarque : Le journaliste, ne citant aucun exemple à l’appui de son affirmation, on ne peut savoir ce qu’il entend par « auteurs inconnus » et surtout « imaginaires ».

Alinéa 10 (bis). Le journaliste dit que, pour R. E. H., « tous les aveux de nazis » ont été « extorqués par la torture, systématiquement pratiquée par les Alliés après la défaite du Reich ».

Remarque : Le journaliste omet de dire que les Américains eux-mêmes ont eu l’honnêteté de reconnaître qu’ils avaient fait un emploi systématique des tortures les plus graves dans de nombreux cas. Voy. prison de Schwäbisch Hall, procès de Malmédy, Sepp Dietrich, Jochen Peiper, Oswald Pohl, commission Simpson, juge Edward L. van Roden déclarant : « Sur les 139 cas de notre enquête, 137 de ces soldats allemands [dans la seule affaire de Malmédy] avaient reçu des coups de pied dans les testicules qui leur avaient laissé des blessures inguérissables. C’était un moyen standard utilisé dans ces interrogatoires par ces Américains. » [...] « Des hommes forts furent réduits à l’état d’épaves humaines prêtes à marmotter n’importe quels aveux exigés par le ministère public. » (p. 13a-b.) L’historien évoque bien d’autres cas patents de torture pratiquée par les Alliés et, spécialement, par les Polonais et les Soviétiques (cas Wisliceny, [Ohlendorf], Rudolf Hœss...). Pour expliquer des cas extravagants comme ceux, par exemple, de responsables « avouant » l'existence de « chambres à gaz » dans des camps où les Alliés ont fini par admettre... qu’il n’y avait pas eu de ces « chambres », l'historien ne limite pas ses explications à des explications par la torture. Il parle également d’« aveux » « sous la contrainte », « ou parce qu’on [avait] promis [aux accusés] des peines réduites ». Voy. p. 16b, l'affaire Bach-Zelewski. La menace de livrer un accusé aux Polonais ou aux Soviétiques, le chantage de la suppression des cartes d’alimentation accordées aux familles des accusés, les mesures de rétorsion brandies contre le soldat si l’officier n’« avoue » pas, et vice versa, la formidable pression morale que font peser sur un accusé la justice et l’appareil judiciaire de son vainqueur, le courage héroïque qu’il faut à des témoins à décharge pour venir défendre des « criminels » jugés d’avance et sans appel : tous ces éléments et bien d’autres, soit que l’historien les précise de lui-même, soit qu’ils apparaissent à l’évidence quand on garde présent à l’esprit ce qu’il dit sur d’autres sujets que les « aveux », constituent des explications à ces mêmes « aveux » ou « témoignages ».

Alinéa 10 (ter). Le journaliste dit que, dans la brochure de R. E. H., on « trouve une foule de références impressionnantes, évidemment invérifiables ou alors, si on tente de contrôler l’une de celles qui, exceptionnellement, peuvent l’être, grossièrement truquées ».

Remarque : Le journaliste ne fournit aucun exemple à l’appui de cette affirmation (voy. en effet, notre remarque sur « Un exemple », à l’alinéa suivant). On aimerait d’ailleurs savoir ce qu’est une référence « invérifiable » (le journaliste a-t-il voulu dire : « incomplète » ?) et, surtout, une « référence évidemment invérifiable ».

Alinéa 11. Le journaliste écrit : « Un exemple : la brochure se réfère à l’"éminent historien américain Harry Elmer Barnes" (?) qui, dans Rampart Journal (??) au cours de l’été 1967, aurait écrit en substance – mais la citation est évidemment donnée entre guillemets – qu’il n’y avait pas eu d’extermination systématique dans les “camps de la mort”. »

Remarque : Harry Elmer Barnes a été un historien de réputation internationale. Ses publications, en trente ans de carrière universitaire, ont été très nombreuses. Un livre d’hommages vient de lui être consacré par ses anciens élèves et disciples. Il compte 884 pages (Hardback éd.). Rampart Journal of Individualist Thought n’est pas une publication fictive. La référence « été 1967 » est exacte (vol. 3, n° 2). L’article de H. E. B. s’y intitule « The Public Stake in Revisionism » (p. 19-41). Nulle part R. E. H. ne prétend citer H. E. B. « en substance » pour aller ensuite le citer « entre guillemets » ! D’emblée, il cite entre guillemets H. E. B. Quant au passage cité, il n’a nullement le sens qu’y trouve le journaliste. Ce passage, d’une importance capitale, montre que, tout de suite après la guerre, les vainqueurs onttenté de faire passer certains camps de l’Ouest pour des camps, non pas de simple concentration mais d’extermination (Dachau, Buchenwald, etc.). Puis, quand il fut démontré que l’accusation n’était pas soutenable, on la reporta sur les camps de l’Est. Or, comme le remarque R. E. H., ces camps, et notamment ceux du complexe d’Auschwitz, n’étaient toujours pas visitables plusieurs années après la fin de la guerre. Par conséquent, le passage cité entre guillemets a la valeur d’un avertissement et d’un rappel salutaire pour quiconque oublierait cette « méprise » de l’immédiat après-guerre où Buchenwald l’emportait sur Auschwitz dans la propagande d’horreurs.

Alinéa 11 (bis). Le journaliste, après avoir fait suivre d’un point d’interrogation le nom d’H.E. Barnes, puis de deux points d’interrogation, celui de Rampart Journal, place trois points d’interrogation après celui de Berta Schirotschin.

Remarque : On ne peut tenir rigueur à l’historien de ce que tous les noms des détenus de Dachau ne soient pas universellement connus. Citant Ernst Ruff, Jan Piechowiak et Berta Schirotschin, il prend soin d’indiquer pour chacun sa qualité ou son emploi au camp de Dachau.

Alinéas 12 à 15. Ces quatre derniers alinéas n’appellent pas de remarques particulières. Le journaliste y exprime son opinion sur une brochure que, comme on a pu le constater, il a très superficiellement parcourue. Son jugement s’exprime dans les termes suivants : « stupide » « fantastique », « monstrueux de bêtise autant que d’ignominie », « cette sale brochure », « envie de vomir », « allégations aussi inouïes », « aveuglé », « imbécile », « funambulesques énormités », « ignorant », « très sot », « charlatans, marchands d’orviétan, escrocs de tout poil », « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Pour terminer le journaliste renouvelle l’expression de sa foi en l’horreur des camps de concentration et d’extermination.

1er juillet 1977


[1] Voy. Service international de recherches, D-3548 Arolsen, exposé présenté par A. de Coquatrix, directeur du S.I.R. à la conférence de Vienne le 12 avril 1977, 11 pages.

Saturday, January 1, 1977

Official English translation of Nuremberg document NI-9912

Document NI-9912 reduces to naught all the supposed “witnesses’ accounts”, without exception, on the use of Zyklon B to kill human beings.
Remarks on the document
It comes from the archives of the Nuremberg trials. It was registered by the Americans at a late date: August 21, 1947, in the “NI” category (Nuremberg, Industrialists). It was taken from the archives of the Degesch company and listed under four headings, among which that of “Atrocities” (sic). I reproduce it below in near facsimile with a few slight corrections.
The original, in the form of four large pages to be posted on walls, was a notice that must have been distributed in a great many copies; the specimen translated here was issued by the Prague Health Authority, doubtless in the midst of the war (German text here). The contents show that its purpose was to convey instructions for the use of Zyklon (prussic or hydrocyanic acid) to destroy vermin in buildings which could be either civil or military (apartment blocks, barracks, etc.). The document fittingly reminds us of a truth learnt from experience: of all deadly weapons, gas will probably long remain the most unwieldy; when it kills, it kills so well that it can be fatal to the killer who decides to use it. If it is quite easy to kill with prussic acid, it is also quite difficult to kill anyone nearby without running terrible risks oneself.
This document describes the properties of Zyklon, its risk of explosion, its toxicity. Only persons possessing a certificate obtained after special training may use the product. A gassing’s planning and preparations call for measures and tasks requiring several hours, possibly days. Then comes the operation itself. Among many details we note here that Zyklon is not to be poured out into a pile or through the air. To produce the desired effect it must be spread thinly on paper mats; none of it is to be lost anywhere: all will be recovered in due course. It will take from six to thirty-two hours to kill the pests (sixteen hours on average). Then will come the most critical moment, that of aeration. The text says: “Aeration presents the greatest danger for both participants and non-participants. It is therefore necessary to proceed with particular caution, and always wearing a gasmask.” This aeration will have to last “at least twenty hours”. Sentries, during all that time and even afterwards, must remain near the building. To make sure that no gas remains, the specialists, again in gasmasks, enter the premises with a strip of paper that will indicate the presence of any residual gas. Twenty hours previously, the simple opening of doors and windows, as well as easy tasks of moving “planking and sealing items” (an effort amounting to nothing compared with the dragging away of hundreds or even thousands of corpses) had presented a certain danger – that inherent in a possible acceleration of the breathing – since, after the aeration of each floor, the team had had to go outside, remove their masks and breathe fresh air for at least ten minutes. All the rest is in a similar vein and I leave it to the reader to discover in each line of this document how absurd by comparison the stories of our false witnesses are. [R. Faurisson's note]
***


                                                                                         _________________________________
  TRANSLATION OF DOC. No. NI-9912
  Office of Chief of Counsel for
                                   War Crimes.                    

DIRECTIVES FOR THE USE OF PRUSSIC ACID (ZYKLON)
FOR THE DESTRUCTION OF VERMIN (DISINFESTATION).

1.  Properties of prussic acid. (hydrocyanic acid)
Prussic acid is a gas which is generated by evaporation.
Boiling point:   26 degree Centigrade.
Freezing point:   - 15 degrees Cent.
Specific gravity:   0.69
Steam density:   0.97.   (Air:   1.0)
The liquid evaporates easily.
Liquid:    transparent, colourless.
Smell:    peculiar, repulsively sweet.
Extraordinarily great penetrative powers.
Prussic acid is soluble in water.
Danger of explosion.    75 g prussic acid 1 cbm air. (Normal
application approx. 8-10 g per cbm, therefore not explosive).
Prussic acid may not be brought into contact with an open
flame, glowing wires etc., because then it burns up slowly
and loses all its effectiveness. (carbonic acid, water and
nitrogen are formed).
Toxic effects on warm-blooded animals.
Since prussic acid has practically no indicative irritant
effect it is highly toxic and very dangerous. Prussic acid
is one of the most powerful poisons. 1 mg per kg of body
weight is sufficient to kill a human being. Women and
children are generally more susceptible than men. Very
small amounts of prussic acid do not harm the human body,
even if breathed continuously. Birds and fishes are
particularly susceptible to prussic acid.
Toxic effects on insects.
The effects of prussic acid on insects do not depend on
the temperature to the same extent as that of other gases,


                       1
                                           
                                          TRANSLATION OF DOC. NO.
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that is, it is also effective in low temperatures (even at
5 degrees Cent.) The eggs of many insects, particularly of
bugs and lice, are more susceptible than the full-grown
insects.
Toxic effects on plants.
    The degree of toxicity depends on the type of vegetation
on the plants. Plants with thick leaves are less susceptible
than those with thin ones. Mildew and dry-rot are not
killed by prussic acid. Prussic acid does not destroy bacteria.
II. Method of using prussic acid.
ZYKLON is the absorption of a mixture of prussic acid and an
irritant by a carrier. Wood fibre discs, a reddish brown
granular mass (Diagriess - Dia gravel) or small blue cubes
(Erco) are used as carriers.
    Apart from serving its purpose as indicator, this
irritant also has the advantage of stimulating the respiration
of insects. Prussic acid and the irritant are generated
through simple evaporation. Zyklon will keep for 3 months.
Use damaged cans first. The contents of a can must all be
used up at once. Liquid prussic acid damages polish, lacquer,
paint etc. Gaseous prussic acid is harmless, The toxicity
of the prussic acid remains unchanged by the addition of the
irritant; the danger connected with it is however
considerably decreased.
      Zyklon can be rendered [omitted: inoffensive] by combustion.
III.   Possible poisoning.
1. Slight poisoning:
Dizziness, headache, vomiting, general feeling of
sickness, etc. All these symptoms pass if one immediately
gets out into the fresh air. Alcohol reduces resistance to
prussic acid gassing, therefore do not drink alcohol before


                             2


fumigation.
Prescribe:  1 tablet Cardiazol or Veriazol in order to
prevent heart disorders, if necessary repeat after 2-3 hours.
2. Severe poisoning.
The affected person will collapse suddenly and faint.
First Aid:  fresh air, remove gas mask, loosen clothing,
apply artificial respiration. Lobelin, intermuscular 0.01g.
Do not give camphor injections.

(page 2 of original [translator’s note])

3.   Poisoning through the skin.
Symptoms as for 1. Treat in the same way.
4.   Stomach poisoning.
Treat with
Lobelin intermuscular 0.01g.
ferrous sulphate
burnt magnesia.
IV. Protection against gas.
When fumigation with Zyklon use only special filters,
  e.g. the filter insert “J” (blue-brown) of the Auergesell-
  schaft Berlin or of the Draegerwerke, Luebeck. Should gas
  seep through the mask, leave the building immediately and
  change filters after also checking the mask and its fit to
  see whether they are tight. The filter insert is exhausted
  if gas enters through the mask. If using filter “J”, first
  move around in the open air for approx. 2 minutes so
  that a certain amount of moisture from the breath may gather
  in the filter insert. Under no circumstances should filters
  be changed inside gas-filled rooms.
V. Personnel.
A disinfestation squad consisting of at least 2 members
is employed for each disinfestation project. The fumigation

                        3

  
chief is responsible for the fumigation. His particular
duties are inspection, airing, release and safety measures.
The fumigation chief is to appoint a deputy in case he has
to leave. The orders of the fumigation chief are to be
followed without delay.
    Untrained persons or persons who are trained but who
do not yet hold a certificate may not be called in to work
on gassing operations, nor may they be taken into gas-filled
rooms. The fumigation chief must also know where to contact
his personnel. Every person must at all times be able to
prove that he has official authorization for the use of
prussic acid for extermination purposes.
VI. Equipment.
    Each member must at all times carry with him:
    1.   His own gas mask.
    2.   At least 2 special filter inserts against Zyklon
prussic acid.
    3.   The leaflet “First Aid for prussic acid poisoning.”
    4.   Work order.
    5.   Authorization certificate.
    Each disinfestation squad must at all times carry:
    1.   At least 3 special inserts as extra stock.
    2.   1 gas detector.
    3.   1 instrument for injecting Lobelin.
    4.   Lobelin 0.01g. ampules.
    5.   Cardiazol, Veriazol tablets.
    6.   1 lever or pickhammer for opening the cans of Zyklon.
    7.   Warning signs as per regulation.
    8.   Material for sealing.
    9.   Sheets of paper to serve as pads.
    10.  Flashlight.

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                                     TRANSLATION OF DOC. NO.
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All equipment is to be kept clean and in good order at all times. Damage
to equipment is to be repaired at once.
VII.   Planning fumigations.
1.   Can the fumigation be carried out at all?
     a) Type of building and situation.
     b) Condition of roof.
     c) Condition of Windows.
     d) Presence of heating shafts, air shafts, breaks in
        the walls etc.
2.   Determine the kind of vermin to be exterminated.
3.   Calculate the space. (Do not rely on drawings but take measurements yourself. Take only outside measurements, include walls)
4.   Prepare personnel.
(Remove domestic animals, plants, food and drink, undeveloped photographic plates and gas mask filters.)
5. Find which opening will be particularly difficult to seal.
   Air shafts, drains; large openings which have been
   boarded up, roofs.)
6. Settle necessary safety measures.
   Guarding, work detachment for sealing)
7. Fix the date for the fumigation and the time for clearing the building.
8. If necessary, arrange safety measures for the neighbourhood in good time.
9. Notify authorities.
VIII.  Preparation for fumigation:
1.  Seal.
2.  Open all doors, closets, drawers, etc.
3.  Pull bedding apart.
4.  Remove all liquids (remains of coffee, washing water etc.)


5


(page 3 of original [translator’s note])

5.   Remove all food.
6.   Remove all plants and domestic animals (aquaria etc.)
7.   Remove all undeveloped photographic plates and films.
8.   Remove adhesive plaster, all medical supplies, whether
     open or in paper bags (particularly coal).
9.   Remove all gas mask filters.
10.   Prepare for check on results.
11.   Clear out personnel.
12.   Take over keys (every door key)
IX.   The strength of the gas and time required for it to take
      effect depend on
the type of vermin
the temperature
the amount of furniture in the rooms
the imperviousness of the building
For inside temperatures of more than 5 degrees Cent. it is
customary to use 8 g prussic acid per cbm.
          Time needed to take effect: 16 hours, unless there are
          special circumstances such as a closed-in type of building,
          which requires less time. If the weather is warm it is
          possible to reduce this to a minimum of 6 hours. The period
          is to be extended to at least 32 hours if the temperature
          is below 5 deg. Cent.
       The strength and time as above are to be applied in
 the case of:  bugs, lice, fleas etc., with eggs, larves and
 chrysales.
For clothes-moths: temperatures above 10 deg. Cent.
16 g per cbm and 24 hours to take effect.
For flour-moths: same as for bugs.
X. Fumigation of a building.

                                  6
                                        
  
                                       TRANSLATION OF DOC. NO.
                                       NI-99l2 contd.

1.   Check that everybody has left the building.
2.   Unpack the boxes of Zyklon. Make the appropriate amount
ready for each floor.
3.   Distribute the cans. One man to go into the building
and receive the cans which have been brought up by the work
detachment and to distribute them. (Have them put next to
the pads.)
4.   Dismiss the work detachment.
5.   Post the guard. Fumigation chief to instruct guard.
6.   Check that sealing and clearing have been completed.
7.   Put on gas masks.
8. Open the cans and pour out their contents. The contents
are to be spread thinly so that the Zyklon can evaporate
quickly and the necessary density of the gas can be achieved
as soon as possible. This process is to start on the top
floor but the cellar is to be dealt with before the ground
floor, should the cellar have ne exit. Rooms which have been
dealt with should as far as possible not be re-entered.
The processing is to be done slowly and calmly. The
staircase particularly should only be used slowly. The
processing may only be interrupted in an emergency.
9. The exit door to be locked, sealed 
    [omitted: do not forget the lock]
                                       and its key handed
over to the fumigation chief.
10. On the door fix a warning sign with the legend “Danger-
Poison gas. Danger to life; no admittance.” This warning
sign is to be in several languages if necessary, and in any
case it must be marked with at least one death’s head,
clearly visible.
11. Gas masks, apparatus for resuscitation and gas detectors
are to be kept available at all times. Every member of the
fumigation squad must know where these objects are located.

                               7


                                    TRANSLATION OF DOC. NO.
                                     NI-9912 contd.


12.   At least one member of the fumigation squad must always remain near the building which is being fumigated. The
guard must be notified of his position.
XI.    Airing.
        The airing is connected with the greatest danger for those participating and others. Therefore it must be carried out particularly carefully and a gas mask should always be
worn. The airing should place according to the following principles: pure air should always be within reach in the shortest possible time and the gas should flow out to that
side where it cannot endanger people who are not participating. Should the airing be difficult one trained man should remain in front of the building in order to watch how the gas is blowing away.
1. Take care to see that no strangers remain in the vicinity of the building.
2. Post the guards in such a way that they are not annoyed
by the gas as it blows out, but can still watch the entrances to the building.
3. Put on gas mask.
4. Enter building. Close door, but do not lock it.
5. First open the windows on that side of the building
where there is no wind. Air floor by floor. Start on the
ground floor and after each floor take at least 10 minutes’
rest.
6. Doors leading to the corridor, connecting doors
between rooms and windows must be opened in each room.
Should there be difficulty in opening any of the windows
they should only be opened after most of the gas has blown away.

                  (page 4 of original[translator’s note])

                              8

  
7. Partitions and other methods used to seal the room
which cannot be replaced quickly should only be removed
after most of the gas has blown away.
8. Care should be taken to see that the heating system and
water pipes do not freeze should there be frost or danger
of it.
9.  Rooms with valuable contents, such as clothing stores
etc. may be locked again after [sic, for as soon as]
                               the windows have been opened.
10.  Windows and doors which have been opened should be
fastened in such a way that they cannot slam.
11.  Covers in chimneys may be removed after the provisional
release [sic, for clearance] of the building.
12.  The airing should continue for at least 20 hours
13.  The guard should remain near the building during the
whole of this time.
XII. Provisional release.
A fumigated room may be released provisionally as
soon as the paper strip of the gas detector is of a lighter
blue than the centre colour pattern, when the doors and
windows are open. Only work concerned with airing and
clearing up may be done in the rooms which have been
provisionally released. Under no circumstances may anyone
rest or sleep in these rooms. The doors and windows must
be left open all the time.
XIII. Clearing up after provisional release.
1. Remove remains of Zyklon from the fumigated rooms.
They should generally be sent back to the factory in the
same way as cans and boxes. Before boxes are sent back
from the fumigated rooms the inscription “Poison” must be
removed from them. Damp, wet or soiled remains as well as
damaged cans may not be sent back under any circumstances.

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They may be thrown on a rubbish or slag heap, but may never
be emptied into drains.
2.   Mattresses, straw palliasses, pillows: upholstered
furniture and similar items must be shaken or beaten for at
least one hour in the open air (if rainy at least 2 hours
in the hall) under the supervision of the fumigation chief 
        [omitted: or his deputy].
3. If possible the stuffing of straw palliasses should be
changed. The old stuffing may not however be burnt, but
may be re-used after it has been aired for a further period.
4. Should the chimneys have been covered from above,
these coverings must be removed carefully since otherwise
there is a danger that the fires in the stoves and hearths
will not have sufficient draught, which may cause carbon
monoxide poisoning.
5. After the final release has been made, two copies of a
fumigation report are to be filled in in the prescribed
manner. The following points in particular should be shown:
a)   Volume of fumigated rooms.
b)   Amount of Zyklon used.
c)   Name of fumigation chief.
d)   Names of other personnel.
e) Time required for gas to take effect.
f) Time at which dis-infested rooms were released.
XIV. Final Release.
l. Under no circumstances less than 21 hours after airing
was started.
2. All items removed for beating are to be taken back into
the room.
3. Doors and windows to be closed for one hour.
4. In rooms with heating facilities a temperature of at
least 15 deg. Cent. must be produced.

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                                                                                                        TRANSLATION OF DOC. NO.
                                        NI-99l2 contd.


5.  Gas detecting. The paper strip may not show a darker
blue than the lightest colour even between blankets and
mattresses which have been placed on top of each other,
or in rooms which are not easily accessible and which it
is difficult to air. Should this not be the case, airing
must be continued and the check for gas repeated after a
few hours.
6.  The check for gas must be made in each room of buildings
which are again to be used as sleeping accommodation as
soon as possible. Under no circumstances may anyone sleep
in a room which has been fumigated in the night following
the fumigation. The windows must always remain open during
the first night that the room is used again.
7. The fumigation chief or his deputy may not leave the
building until the very last room has been finally released.

Issued by the Health Institution
of the Protectorate Bohemia and
    Moravia in Prague.


CERTIFICATE OF TRANSLATION.

I, DOROTHEA L. GALEWSKI, ETO # 34079, hereby certify
that I am thoroughly conversant with the English and
German languages; and that the above is a true and
correct translation of Document No. NI-9912.

                  DOROTHEA L. GALEWSKI
                  ETO 34079






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